LES MEMOIRES DE LA SECONDE GUERRE MONDIALE
Un "passé qui ne passe pas"



>> Certains commentateurs contestent pourtant à Guy Môquet  le titre de résistant ; et des polémiques ont lieu régulièrement autour de cette question.
La querelle fût relancée quand le Président de la République Nicolas Sarkozy demanda à ce que la lettre d'adieu écrite par le jeune homme à la veille de son exécution soit lue dans les Lycées. La circulaire d'accompagnement mentionnait, non pas les "camarades" de Môquet, mais ses "compagnons", préférant au vocabulaire du militantisme de gauche la référence aux compagnons de la libération désignés par le général de Gaulle.


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Guy Môquet

fait partie des figures emblématiques de la Résistance et son cas montre comment les deux interprétations "résistancialistes" peuvent se conjuguer et/ou s'opposer.

Ce très jeune militant communiste a été arrêté par la police française (car le PCF était interdit, et parce qu'il  distribuait au nom du parti des tracts hostiles au Capitalisme)  puis il fût fusillé à l'âge de dix sept  ans par les Allemands, en tant qu'otage et en répression de l'assassinat d'un officier allemand.
 Le Général de Gaulle l'a cité à l'Ordre de la Nation, considérant que les Communistes mouraient "pour la France" comme tous les autres résistants, il est pour les Communistes un des  martyrs attestant l'importance du PCF dans la Résistance ( le père du jeune homme. était un député communiste, mis en prison par les autorités de Vichy).

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Le chroniqueur de télévision et essayiste Eric Zemmour a déclenché une polémique en s'en prenant aux travaux de Robert Paxton ("Le régime de Vichy", 1973) dans un livre sorti tout récemment.
Constatant que 25 % des Juifs de France ont été exterminés
entre 1940 et 1945,
contre 50 % des Belges
et 75 % des Néerlandais,
il avance une "explication". C'est "grâce" au régime de Vichy selon lui que les pertes ont été moindres en France. Il reprend donc à son compte les thèses de Robert Aron qui, en 1954, présentait de Gaulle et Pétain comme, respectivement, "le glaive et le bouclier de la France".
Le Maréchal Pétain aurait en effet, selon Zemmour,  cherché à protéger les Juifs Français (dont 95% ont survécu à la Shoah) mais Vichy aurait été contraint de livrer les Juifs étrangers, et n'aurait pris des mesures antisémites que sous la probable pression des Allemands.
Eric Zemmour n'est pas un Historien et tente ostensiblement de réhabiliter une vision complaisante de Vichy, abandonnée dans les années 70 et symptomatique d'une lecture patriotique de l'Histoire teintée de "résistancialisme" mais contrariant tout à la fois la lecture gaullienne et l'interprétation communiste du conflit
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cliquez  sur le  lien suivant  pour lire sur le site du journal :  "Le Monde" la réponse de Paxton aux propos de Zemmour sur la prétendue protection accordée  par Vichy aux Juifs Français


L'ACTUALITE DES POLEMIQUES MEMORIELLES

Des réactions outrées aux propos d'Eric Zemmour sur le régime de Vichy.

Toute vélléïté d'atténuer la responsabilité de Pétain et de son gouvernement dans la Shoah au prétexte que Vichy aurait appliqué une "préférence nationale" et protégé ainsi les Juifs de nationalité française choque aujourd'hui une large part de l'opinion (cf la réaction de la journaliste Léa Salamé) tandis que Paxton juge la position de Zemmour tout bonnement "ridicule".


Note : L'Historien Alain Michel, sur les travaux duquel prétend s'appuyer Eric Zemmour, considère que l'antisémitisme de Vichy est plus nuancé que le racisme des Nazis, et estime que le régime de Pétain a au total contribué à sauver 95% des Juifs français (directement) et beaucoup de Juifs  étrangers résidant en France (indirectement) mais il reconnaît que l'Etat Français a pourtant été activement "collaborateur" et constate à cet égard l'existence d'un paradoxe. Comme Zemmour, il se défend de vouloir  "réhabiliter" Vichy... ce que ses détracteurs lui reprochent.


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Un extrait de l'émission "On n'est pas couché" du Samedi  4 Octobre 2014

  

On sait de manière sûre que Vichy a pris des mesures antisémites bien avant que le IIIème Reich ne les exige de lui ("publiant successivement deux statuts des Juifs" destinés à les stigmatiser et retirant leur nationalité française aux 100 000 Juifs d'Algérie et à 15 000 personnes de diverses origines en Métropole). On sait aussi que le régime a prêté le concours de sa police aux opérations de déportation des Juifs étrangers, mais sans montrer toutefois le même zêle s'agissant des resortissants français...

S'il n' y a pas eu d'acharnement à livrer les Juifs Français et si la mise à disposition du vainqueur des forces de l'ordre découle de la logique de l'armistice, ce n'est pas la pression des nazis qui explique, seule, les mesures prises contre les Juifs.

Victimes de l'aryanisation de leurs biens et évincés de la fonction publique, et bien qu'ils ne soient pas considérés - contrairement aux Juifs étrangers-  comme des "déchets" (le mot est de Pierre Laval) les Juifs français sont contraints en Zone Nord au port de l'étoile jaune puis persécutés activement par "la Milice".